D’avocate à la cour de Milan jusqu'aux couloirs du ministère de la Santé, le parcours de Giovanna est marqué par la passion du droit, l'engagement associatif et une volonté constante de placer l'humain au centre des politiques publiques. Aujourd'hui responsable des projets sur l'éthique du numérique en santé, elle livre sa vision d'une innovation porteuse de sens, tout en se prêtant au jeu des confidences.
Un parcours guidé par le terrain et l’adaptation
Après un début de carrière juridique en Italie, puis un passage par la Belgique pour approfondir sa connaissance des institutions européennes, Giovanna pose ses valises en France. C’est là qu’elle met son expertise au service du monde associatif, dirigeant pendant huit ans une structure d’usagers dans la démocratie en santé. « Dans mon parcours, les éléments qui m'ont beaucoup marqué sont de deux ordres. Je dirais que l'un, c'est le constat que les usagers du système de santé, quel que soit le contexte, quel que soit le pays sont confrontés à des inégalités importantes, des inégalités de caractère social, mais aussi territoriales et des inégalités de compréhension vraiment du système et de son fonctionnement. »
Son immersion institutionnelle débute en 2016 au ministère de la Santé, où elle pilote le déploiement du site santé.fr, avant de prendre en 2022 la direction du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie. Depuis décembre dernier, la voilà de retour au ministère pour affronter l'un des grands défis de notre époque : l'éthique du numérique et de l'intelligence artificielle.
Cette capacité à pivoter reflète une exigence personnelle constante : « Le deuxième élément de mon expérience qui m'a toujours marqué, ça a été le fait de la nécessité de devoir se remettre systématiquement en cause. J'ai été obligée aussi parce que j'ai changé de pays, j'ai changé de système de code de reprendre mes connaissances, mes acquis et de les travailler, re-bousculer pour pouvoir les adapter à des nouvelles réalités. »
Le défi majeurs : bâtir un « numérique de confiance »
Face au déferlement des technologies et de l'IA, le cadre légal ne suffit pas. L'enjeu réside dans l'impact réel sur la vie des citoyens et sur l'accès aux soins. « L'idée de base est que le numérique est un levier extraordinaire pour la santé de la population, mais à condition qu'il soit porté selon une visée d'humanisme, d'égalité, d'équité et de respect des personnes. »
Pour pallier la méfiance légitime des usagers face à la complexité du système et à la désinformation, un travail de pédagogie s'impose. « Pour nous, le numérique est justement le défi majeur est de créer un numérique de confiance. Le mot-clé est vraiment la confiance. (...) Elle est basée sur des politiques adaptées, sur un accompagnement, sur des outils, sur des moyens et sur la prise en compte des besoins des personnes qui sont les plus éloignées du système de santé. »
La France dispose néanmoins d'atouts solides, ayant intégré la réflexion éthique dès sa feuille de route de 2019. « On peut être optimiste parce que la France est un grand pays et c'est un pays qui a identifié ses problématiques dès le départ. En France, la feuille de route du numérique en santé qui remonte à 2019, elle, elle a intégré la conception éthique et la réflexion éthique dès le départ. »
VOLET PERSO
Une musique d’enfance : « Imprégnée très jeune de musique classique, je garde un souvenir ému des voyages en voiture avec mes parents rythmés par Beethoven !» Pour la lecture ? : « la presse, pour l’information et les livres pour l’imagination ! ». Votre mot préféré ? : « L’amour. » Vos sons favoris ? : « Le rire et le son de l'eau qui s’écoule. » Pour illustrer un billet de banque : « Je verrais très très bien comme effigie deux femmes, L'une grande défenseur des droits des femmes et grande européenne, c'est Simone Veil. Et l'autre, l'avocate de toutes les femmes, Gisèle Halimi. » Un autre métier ? : « Médecin ! » La réincarnation : « Un chat ! » Votre actrice et film préféré : « Anna Magnani pour sa vérité poignante, et le chef-d’œuvre d'émotion Cinéma Paradiso.» Si Dieu existe qu’aimerait vous entendre vous dire ? : « tu as fait du bien au monde. »






