Cancer, entendre la fragilité et la vulnérabilité des patients 050619

Thierry BRETON, Directeur général de l’Institut National du Cancer

Entendre ce que les personnes touchées par la maladie ont à nous dire sur leur vulnérabilité, leur fragilité qu’elle soit économique, sociale ou psychologique.

Thierry Breton, directeur général de l’Institut National du Cancer (INCa), depuis 2014, coordonne les actions de lutte contre le cancer. Il est en charge du suivi du plan Cancer 3. L’an dernier, une charte de bonnes pratiques a été élaborée pour favoriser le maintien et le retour à l’emploi des personnes atteintes de cancer. Il nous livre son éclairage sur l’apport des sciences humaines et sociales dans les politiques publiques de lutte contre le cancer lors du débat organisé au Centre de Sociologie des Organisations (CSO) de Sciences Po – CNRS, auquel participaient Patrick Castel, CSO, Franck Chauvin, Haut Conseil de la Santé Publique et Emmanuel Jammes, Ligue contre le cancer, et animé par Stéphanie Chevrel, Observatoire de l’Information Santé.

Prendre en charge le patient dans sa globalité
Pour Thierry Breton, « ce débat et ce livre arrivent à point nommé car 2019 est la dernière année du plan cancer 3. C’est à la fois un temps d’évaluation et de réflexion sur la suite des politiques de lutte contre le cancer. » Il rappelle qu’« un événement fondateur dans les politiques contre le cancer a été l’organisation des Etats Généraux des Personnes Malades du cancer en 1998 par la Ligue nationale contre le cancer qui a permis la prise de parole des patients et de toutes les parties prenantes. Cela a accéléré la prise de conscience et la nécessité de ne pas se cantonner à une approche exclusivement thérapeutique mais d’entendre aussi ce que les personnes touchées par la maladie ont à nous dire sur leur vulnérabilité, leur fragilité qu’elle soit économique, sociale ou psychologique ».  

Ne pas se cantonner à une approche thérapeutique, entendre la fragilité sociale, économique ou psychologique des patients
« Nos efforts à l’INCa portent sur le soutien à la recherche clinique et à la recherche fondamentale. Nous sommes mobilisés en priorité sur les traitements, l’efficacité des thérapeutiques, la réduction des effets secondaires, et aussi sur les inégalités sociales et territoriales : nous devons faire en sorte que chaque patient en France puisse disposer des meilleurs soins quel que soit l’endroit où il se trouve pour répondre à une situation où parfois le pronostic vital est engagé. A l’INCa, nous organisons deux appels à projet chaque année : le premier, d’environ 4 millions par an, concerne les sciences humaines et sociales ; le deuxième, auquel nous consacrons 2 millions par an, porte sur la recherche interventionnelle […] Nous faisons en sorte que chaque discipline des sciences sociales et des sciences humaines permette à l’INCa d’essayer d’organiser une réponse qui traite en globalité les patients en incluant les dimensions psychologique, sociale, thérapeutique ou encore économique, parce que le patient est un tout. Nous devons lui apporter des réponses sur l’ensemble de ces problématiques auxquelles il est confronté parce que cela participe au processus de rétablissement ».  

Les sciences sociales, une meilleure compréhension des situations individuelles des patients
« L’apport des sciences sociales nous permet d’aborder la complexité des situations individuelles, de reconnaître leurs spécificités et d’identifier des sujets compliqués dont les résultats ne sont pas immédiats et sur lesquels nous devons agir avec beaucoup de modestie et d’humilité. Être soucieux de la transdisciplinarité nécessite un peu de persévérance et d’imagination, et également de savoir parfois se confronter à une forme d’échec. Ce qui est important c’est que chacune des disciplines concoure dans son secteur avec ses modalités à une meilleure compréhension de la complexité de la situation des patients afin que les politiques publiques et l’INCa, à sa juste place, puissent répondre individuellement aux situations. » 

Stéphanie Chevrel

« Politiques du cancer : que peut apporter la sociologie ? » - Débat organisé au Centre de Sociologie des Organisations de Sciences Po et du CNRS, autour de l’ouvrage « Les politiques de lutte contre le cancer en France », publié aux presses de l’EHESP et rédigé par Patrick Castel, sociologue au Centre de Sociologie des Organisations Sciences Po - CNRS, Pierre André Juven, chargé de recherche au CERMES et Audrey Vézian, chargée de recherche au laboratoire Triangle.
Invités au débat : Thierry Breton, directeur général de l’Institut National du Cancer, Franck Chauvin, Président du Haut Conseil de la Santé Publique, Emmanuel Jammes, Délégué Société et Politiques de Santé à la Ligue contre le cancer & Patrick Castel, sociologue au Centre de Sociologie des Organisations Sciences Po – CNRS. Modératrice : Stéphanie Chevrel, Présidente de l’Observatoire de l’Information Santé.
Captation réalisée par acteurs de santé pour l’Observatoire de l’Information Santé.

En savoir plus : http://www.cso.edu/home.asphttps://www.e-cancer.fr/https://www.hcsp.fr/explore.cgi/Accueil http://www.ligue-cancer.net
http://www.observatoiredelinfosante.com
Nous contacter : redaction@acteursdesante.fr  

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