Chimiothérapie orale à domicile, quel accompagnement ? Débat

Thierry BRETON, Directeur Général de l'Institut National du Cancer & Delphine RICHE, Continuum Plus

Confrontés à de nombreuses difficultés, les patients atteints de cancer et confrontés au virage ambulatoire demandent de l’aide.

« Politiques du cancer, que peut apporter la sociologie ? », extrait du débat organisé au Centre de Sociologie des Organisations Sciences Po/CNRS autour de l’ouvrage « Les politiques de lutte contre le cancer en France » publié aux presses de l’EHESP.

Les patients traités à domicile pour un cancer sont confrontés à de nombreuses difficultés
Delphine Riché, cofondatrice de la Startup Continuum Plus qui accompagne les patients atteints d’un cancer et traités à domicile par thérapies orales souligne que « ces patients confrontés au virage ambulatoire demandent de l’aide car ils doivent affronter de nombreuses difficultés décrites par le Collectif inter-associatif CancerAdom. Ils disent avoir peur lorsqu’ils rentrent chez eux car ils se trouvent démunis, personne n’est là pour répondre rapidement à leurs questions ». Pour Delphine Riché, « les freins aujourd’hui ne relèvent pas de la technologie ou des moyens, mais de la culture, des mentalités, des comportements. Apprendre à lâcher prise, apprendre à travailler et à jouer collectif. Comment travailler avec l’Institut National du Cancer, le Haut Conseil de la Santé Publique ou la Ligue contre le cancer pour entreprendre une véritable conduite du changement ? »

La chimiothérapie orale pose des questions d’accompagnement
Pour Thierry Breton, Directeur Général de l’Institut National du Cancer (INCa), « toutes les idées et innovations paraissent intéressantes à examiner. Nous sommes « prescripteurs » au même titre que le Ministère ou d’autres acteurs. Le point central qui nous anime est de savoir évaluer en quoi le service proposé répond à un besoin des patients. » 
« La chimiothérapie orale à domicile pose aux patients des difficultés d’isolement, de solitude, d’observance aussi car la gestion des effets indésirables peut être difficile et l’efficacité des traitements parfois remise en cause. Cette solution qui désengorge les hôpitaux interroge sur les questions d’accompagnement pour lesquelles certaines réponses sont parfois organisationnelles notamment avec les infirmières de coordination ou qui questionnent la place du médecin généraliste. Mais effectivement, il y a d’autres façons d’accompagner les patients. En ce qui concerne le développement des très nombreuses applications, secteur dans lequel les laboratoires ne sont pas inactifs, faut-il imaginer de les réguler ? »

Evaluer en quoi les applications répondent aux besoins des patients
« C’est important que les applications puissent prendre une place et répondre à des situations individuelles, mais la question est de savoir en quoi on répond aux besoins des patients. Le patient est un, mais il est multiple aussi, tous les patients ne se ressemblent pas, certains passeront par les médecins généralistes, d’autres par le papier, d’autres encore par les applications. Certains considèrent que la discussion concernant le diagnostic et la décision thérapeutique relèvent de leur médecin, d’autres veulent en discuter, d’autres souhaitent devenir experts, d’autres non. Les patients sont des individus avec leur histoire, leurs envies, leurs angoisses, il faut faire attention à cela.
Bien prendre en compte la spécificité des pathologies cancéreuses qui ont la particularité à la différence d’autres pathologies d’être extrêmement traumatisantes sur le plan psychologique est important, alors ce type d’outil peut être intéressant ».

Stéphanie Chevrel

Invités du débat : Thierry Breton, directeur général de l’Institut National du Cancer (INCa), Franck Chauvin, Président du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), Emmanuel Jammes, Délégué Société et Politiques de Santé à la Ligue contre le cancer & Patrick Castel, sociologue au Centre de Sociologie des Organisations Sciences Po - CNRS et co-auteur de l’ouvrage  « Politiques du cancer, que peut apporter la sociologie ? » avec Audrey Vézian et Pierre-André Juven.

Modératrice : Stéphanie Chevrel, Présidente de l’Observatoire de l’Information Santé.

Captation réalisée par acteurs de santé Tv pour l’Observatoire de l’Information Santé, au Centre de Sociologie des Organisations de Sciences Po et du CNRS, à l’occasion du débat « Politiques du cancer, que peut apporter la sociologie ? » organisé autour de l’ouvrage « Les politiques de lutte contre le cancer en France » publié aux presses de l’EHESP.

En savoir plus : http://www.cso.edu/home.asp
https://www.e-cancer.fr/
http://www.observatoiredelinfosante.com/

 

 

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