Nouveaux médias, Tv et réseaux sociaux

Jacques ROSSELIN, directeur de l’école française du nouveau journalisme (EFJ)

On peut parfois aller chercher sur le Net et les réseaux sociaux, de l’information plus pertinente que celle qu’on voit sur les chaînes d’information en continu et les chaînes d’information classique.

Professionnel de l’information et avant tout entrepreneur, il se définit comme un ingénieur des médias. Stéphanie Chevrel reçoit Jacques Rosselin, Centralien, Sciences-Po, directeur de l’école du nouveau journalisme (EFJ).  

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser au journalisme ?
“Ce qui m’a amené à m’intéresser au journalisme, c’est l’information sous toutes ses formes. A la sortie de mon école d’ingénieur, j’ai cherché un stage dans ce qu’on appelait l’information automatisée : on cherchait avec des ordinateurs dans des foules de données - des banques de données, des bases de données bibliographiques.
J’ai fait mon stage dans une agence de presse qui était spécialisée dans l’information numérique. C’était en 1981. J’ai commencé à beaucoup écrire sur le secteur. C’est une démarche que je conseille à tous les jeunes qui s’intéressent à un domaine : travailler dans une publication qui traite du domaine qui les intéresse pour avoir une vision panoramique et pouvoir choisir ensuite l’orientation souhaitée. Je me suis intéressé à l’information électronique et aux services en ligne professionnels puis grand public. Les années 80 sont les années Minitel, période pendant laquelle tout a été inventé en matière d’information électronique, une bonne quinzaine d’années avant le net.
Si le journalisme est une des facettes de l’information, il en existe beaucoup d’autres. J’étais passionné par les systèmes d’information et surtout par l’information diffusée en ligne : l’information numérique. » 

Comment avez-vous vécu cette période d’information mais aussi de désinformation par temps de pandémie ?
« Pendant la pandémie, nous nous sommes davantage informés. Bloqués chez nous dans un climat anxiogène, nous avons consommé davantage de médias pour savoir si nous pouvions sortir, si les enfants allaient pouvoir retourner á l’école...
On s’aperçoit aujourd’hui qu’avec l’arrivée des chaînes d’information en continu, notamment BFM Tv qui est leader sur le marché, nous devons faire face à une forme d’information en réaction permanente à la moindre donnée. Cela crée une “hystérisation” de l’information qui privilégie le sensationnel et l’anxiogène à longueur de journée. Cette “BFM-isation” de l’information touche maintenant tous les médias qui, à la moindre information, courent après l’émotion. »

La réflexion, le rationnel, l’analyse sont passés totalement au second plan 
De 2004 à 2007, YouTube, Dailymotion, le smartphone, Facebook vont révolutionner la diffusion et la consommation de l’information.
Les chaînes d’information en continu, bien connues aux USA et qui ont débarqué en France en 2005 (BFM Tv), ont contribué pendant le confinement à diffuser tout et n’importe quoi pour faire de l’audience, mettre en avant des personnalités qui étaient parfois plus soucieuses de leur image et de leur notoriété que de livrer une analyse sérieuse de la situation. BFM Tv, CNews et d’autres sont dans une démarche d’information qui semble nuisible à l’information des citoyens.
On blâme souvent les réseaux sociaux de cette information en boucle, mais il faudrait d’abord que les médias traditionnels et la télévision fassent un peu le ménage devant leur porte. On peut parfois aller chercher sur le Net et les réseaux sociaux, de l’information plus pertinente que celle qu’on voit sur les chaînes d’information en continu et les chaînes d’information classique ou les grandes chaînes de télévision qui calquent le mode d’information de ces chaines d’info en continu. »

En savoir plus : https://www.observatoiredelinfosante.com/

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