Plaies : de la thérapie à la prévention par pression négative

Pr Franck DUTEILLE, praticien hospitalier - Brûlés et chirurgie plastique, CHU Nantes

La thérapie par pression négative, utilisée pour prendre en charge les plaies aiguës et les traumatismes importants, puis les plaies chroniques, est aujourd’hui étendue à la prévention du risque d’ouverture des plaies post chirurgicales.

"Les premières publications internationales portant sur la thérapie à pression négative datent de 1997. Le principe à la base est assez simple : il consiste à créer une dépression sur une plaie qui entraîne un mécanisme d’aspiration des exsudats et favorise la première phase de cicatrisation, c’est-à-dire l’ablation des tissus mort. L’œdème va aussi être réduit permettant aux capillaires de se dilater et d’apporter une vascularisation locale et - par un mécanisme un peu complexe qui n’est pas complètement élucidé – une activation de la néo vascularisation, c’est-à-dire la création de nouveaux vaisseaux." 

De la thérapie par pression négative à la prévention par thérapie négative
"La thérapie par pression négative, initialement utilisée pour prendre en charge les plaies aiguës et les traumatismes importants, a progressivement été étendue à la prise en charge des plaies chroniques, et aujourd’hui à la prévention du risque d’ouverture notamment des plaies post chirurgicales par thérapie négative. La réduction de l’œdème et l’aspect mécanique qui fait que les plaies vont être maintenues en contact par cette dépression permettent une favorisation de la circulation sanguine par le phénomène de dilatation capillaire. Une meilleure oxygénation et l’absence de distension va également réduire le risque d’ischémie locale, notamment sur les plaies post chirurgicales où le risque d’ouverture de la plaie sera moindre." 

Une réelle innovation pour les soignants et une meilleure qualité de vie pour les patients
"Le traitement par pression négative a réellement permis de passer le cap de cette cicatrisation qui aurait pu ne pas être obtenue ou alors parfois, dans des conditions longues et compliquées. Il permet aux patients - qui présentaient des difficultés à cicatriser ou ne cicatrisaient pas du tout - d’obtenir dans un premier temps une cicatrisation. 
Cette thérapeutique présente également un gain en termes de qualité de vie car le pansement doit être fait tous les 3 ou 4 jours, voire éventuellement un peu plus. Autrefois, les patients étaient systématiquement descendus au bloc parce que le pansement était trop douloureux ou compliqué. Aujourd’hui, la réduction du nombre de pansements leur facilite beaucoup les choses." 

Interview réalisée lors des Journées de Cicatrisations 2019.

En savoir plus : https://www.convatec.fr/
https://www.cicatrisations2019.org/

 

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