Quel impact du Covid-19 pour les anapaths ?

Dr Marie-Pierre WISSLER, médecin pathologiste, SMPF, Lyon

Les anapaths, tous comme les autres professionnels de santé, ont été impactés par la crise sanitaire.

Le Dr Marie-Pierre Wissler, médecin pathologiste à Lyon, membre du Syndicat des Médecins Pathologistes Français (SMPF), décrit cette situation inédite.

« Pendant la pandémie de Covid-19, même si nous n’étions pas en première ligne, nous avons été impactés tout comme les autres professions qui interviennent dans le domaine de la santé. En effet, si nous ne sommes pas en contact direct avec les patients, nous sommes en contact avec leurs prélèvements qui peuvent être contaminés. Nous avons donc dû revoir en extrême urgence nos modes opératoires pour assurer la continuité de la qualité de la prise en charge des prélèvements mais également la sécurité de l’ensemble du personnel.

Nous nous sommes adaptés grâce notamment aux sociétés savantes et associations nationales qui interviennent dans notre spécialité. Cela s’est fait de façon très rapide. Nous avons tous participé à l’élaboration de bonnes pratiques.

Notre pratique quotidienne a repris son cours avant d’être à nouveau impactée dans un second temps car notre charge de travail a été très perturbée : la première vague de Covid-19 ayant entraîné la déprogrammation d’interventions chirurgicales et de nombreuses annulations de consultations, nous avons connu une énorme baisse de travail puis un retour de charge pour rattraper l’activité.

Aujourd’hui, nous oscillons entre des périodes où nous sommes surchargés, avec moins de personnel lui-aussi impacté par l’infection, et d’autres, un peu moins. Et puis, des cliniciens qui sont encore plus pressés d’avoir un résultat. Dans le contexte actuel, c’est parfois un véritable casse-tête pour eux de pouvoir prendre en charge leurs patients, de réserver des blocs opératoires ou même des créneaux de consultation avec un planning qui a été très perturbé par les gestes barrières.

Avec ces confinements, nous avons observé une rupture dans la prise en charge des soins, et tout particulièrement en cancérologie où les patients ont vraiment tardé à être pris en charge de manière volontaire ou complètement involontaire, subissant les perturbations dues à la pandémie.

Nous avons pu voir des cas de cancer à des stades beaucoup plus évolués qu’on ne le voyait ces dernières années. Ces cancers auraient dû être pris en charge bien plus tôt ! »

Interview réalisée en toute indépendance éditoriale par Acteurs de santé Tv avec le soutien du Syndicat des Médecins Pathologistes Français (SMPF).

En savoir plus : https://www.smpf.info/

 

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