« Un certain nombre de signatures - dites pronostiques - dans la prise en charge et la décision de chimiothérapie dans les cancers du sein RH+ sont aujourd’hui validées. »
Utiliser les signatures génomiques plus tôt dans le parcours de soins
« En France, l'autorisation d'utilisation des signatures génomiques dans le cadre du RIHN n'est pour l'instant indiquée que dans certaines situations. Ces signatures sont actuellement toujours utilisées après l'intervention chirurgicale. Ce qui est nouveau, c’est que nous commençons à avoir des données qui utilisent ces signatures en situation dite néo-adjuvante, avant l'intervention chirurgicale. »
Optimiser la stratégie de traitement avant l’intervention chirurgicale
« Cela nous permet de pouvoir déterminer quand on doit réduire la taille de la tumeur pour pouvoir opérer ou encore d’essayer d'optimiser la stratégie de traitement : se servir de ces signatures pour décider si nous allons faire une chimiothérapie ou un traitement antihormonal avant d'opérer. Ces données existent et sont portées par des études. Toutefois, en France, on ne les utilise pas encore car il n'y a pas de remboursement dans ces indications là. »
Le programme ADAPT, une nouvelle approche
« Les allemands ont développé le programme ADAPT, ADvanced Analysis for Precision cancer Therapy. La situation en France est plus compliquée. Des études et des essais thérapeutiques sont en cours avec les signatures génomiques, mais l'utilisation en routine n'est pas supportée par la HAS et les indications de remboursement. Donc tant que nous n'aurons pas la possibilité d'utiliser ces signatures avec un remboursement ou un financement dans le cadre du RIHN, il me paraît difficile de faire ces signatures en routine. »
La désescalade thérapeutique doit toujours être accompagnée par des niveaux de preuve suffisants
« De plus en plus de femmes jeunes ont des cancers du sein, la désescalade thérapeutique est d’autant plus importante, mais il ne faut pas aller trop vite. En France, les taux de guérison des cancers du sein sont très élevés. Et, comme ce qui s'est passé dans certains cancers hématologiques, lorsque nous atteignons un plateau, nous nous demandons si nous pouvons maintenir ce plateau de guérison avec des traitements moins agressifs. Ces traitements peuvent porter sur l'utilisation de nouveaux traitements, mais peuvent aussi nous affranchir de certains traitements très toxiques qui ne sont pas toujours utiles. Nous devons aussi identifier les femmes qui vont avoir besoin ou pas de ces traitements. La désescalade thérapeutique doit toujours être accompagnée par des niveaux de preuve suffisants afin de ne pas perdre très vite le bénéfice de ce que nous avons gagné. »
« Dans la population générale, on guérit beaucoup plus de cancers du sein aujourd'hui qu'il y a 20 ans. Il ne faut pas que ce bénéfice engrangé par de nombreux progrès incrémentaux et sur certains nouveaux médicaments soit balayé d'un revers de main. Quand on demande aux femmes la première chose qu'elles souhaitent, c'est d'abord guérir et ensuite, idéalement, pas à n'importe quel prix. »
En savoir plus : https://arpa-h.gov/explore-funding/programs/adapt
Interview réalisée par Acteurs de santé lors du 11e congrès de la Société Française de Médecine Prédictive et Personnalisée (SFMPP), avec le soutien d'Exact Sciences qui n'est pas intervenu dans le contenu éditorial, octobre 2025.
En savoir plus : https://www.sfmpp.org






